Projet NACRE : pour des navires moins polluants

Le coup d'envoi officiel du projet NACRE a été donné début janvier 2009. Experts, armateurs et industriels s'associent pour concevoir des systèmes réduisant l'impact environnemental des navires en exploitation. DCNS, bien sûr, y figure en première ligne.

Comment faire en sorte que les navires civils et militaires en service ou prochainement construits soient moins polluants ? C'est à cette question que répondra concrètement le projet NACRE (« Navire Conduit dans le Respect de l'Environnement »). Il s'agit d'un projet de recherche et développement qui vise non seulement à identifier et mesurer les émissions de produits polluants, à comprendre leur impact, mais aussi à mettre au point des technologies et systèmes pour leur traitement.

NACRE est un projet global sur trois ans. La première année sera consacrée à des études bibliographiques, à une veille des réglementations internationales et de leurs évolutions attendues, ainsi qu'à des études sur le terrain avec prélèvements et analyses de 5 types de polluants (voire encadré « mieux comprendre »). A la suite de ces études, un cahier des charges sera établi qui permettra tout au long de l'année 2010 de cibler les technologies potentiellement porteuses pour traiter les effluents. Enfin, 2011 sera consacrée à la conception de prototypes et à la mise au point de leur intégration. L'objectif est de parvenir à intégrer au moins un ou deux prototypes sur un navire de la Marine nationale d'ici la fin du projet.

Un projet collaboratif
Pas moins de 11 partenaires sont associés dans le cadre du projet NACRE. La particularité de ce pool de R&D est de réunir des industriels comme DCNS et Veolia ; des clients et armateurs comme la Marine nationale (via le Service de Soutien de la Flotte), Genavir et Louis Dreyfus Armateurs ; des institutions et laboratoires de recherche : Bertin Technologies, IFREMER, l'Ecole des Métiers de l'Environnement, l'ENSIETA, l'Ecole nationale de la Marine marchande et l'Institut Pasteur de Lille. Tous ces acteurs sont adhérents du pôle de compétitivité Mer Bretagne, qui a labellisé le projet. Grâce à ce parrainage, une partie des 3,5 millions d'euros nécessaires à la conduite du projet son financés par des subventions régionales et départementales, ainsi que par le Fond Unique Interministériel.

DCNS joue un rôle central dans le pilotage de NACRE. Chargé de coordonner l'ensemble des partenaires, le groupe est en outre leader sur l'analyse des réglementations et des besoins des navires existants (à travers la division Services) et neufs (via DNA/ING). La recherche des solutions de traitement des rejets est quant à elle plus particulièrement pilotée par Veolia à travers sa filiale Anjou Recherche.

Quels débouchés ?
L'intérêt du projet NACRE tient dans sa double dimension environnementale et économique. Tant pour des questions d'image que de réglementation, les opérateurs de navires à travers le monde ont intérêt à anticiper les évolutions de leurs marchés en matière de respect de l'environnement. L'ambition de NACRE est de répondre à ce besoin avec des innovations pour le traitement des effluents économiquement performantes et directement intégrables, sur les navires existants comme sur les bâtiments neufs. En outre, l'horizon de ces systèmes dépasse le secteur naval, et pourrait intéresser à terme les industries aéronautiques ou ferroviaires. Enfin, l'aspect méthodologique de NACRE est lui aussi susceptible d'ouvrir des débouchés commerciaux, grâce à l'outil de mesure des impacts environnementaux en cours de développement, qui permettrait d'établir une classification des navires sur ce critère.
Un accord de consortium est en cours de finalisation qui permettra l'exploitation et la valorisation des innovations produites dans le cadre du projet NACRE.

Chiffres-clés
> 3,5 M€ investis sur 3 ans
> 11 partenaires
> 45 000 navires marchands obligés de se mettre en conformité avec la réglementation d'ici 2020



Mieux comprendre

Qu'il soit civil ou militaire, l'exploitation d'un navire entraîne immanquablement le rejet de produits polluants dans l'environnement. Le projet NACRE a choisi d'analyser la nature de ces émissions liquides : eaux « noires » (provenant des sanitaires), eaux « grises » (lavabos), eaux de cale hydrocarburées et, éventuellement, eaux de ballast. Si les déchets solides sont exclus du périmètre de l'étude, NACRE s'intéressera en revanche aux rejets polluants gazeux, c'est-à-dire essentiellement aux échappements des systèmes de propulsion. Dans tous les cas, les études ne portent pas sur la diminution des émissions, mais bien sur la mise au point de solutions pour la collecte et le traitement des polluants.